La Rivière Sainte-Marguerite

Site Patrimonial

la rivière sainte-marguerite

La rivière Sainte-Marguerite apparaît rapidement dans les mentions ethno-historiques, et ce, tant dans l’écrit que sur les cartes. Dès 1612, Champlain, qui en 1603 se serait rendu en amont de la rivière, en dessine le cours inférieur. La désignation toponymique de rivière Sainte-Marguerite n’apparaît cependant qu’au 18e siècle sur les cartes de Laure (1731) et de Bellin (1744). Navigable en canot d’écorce sur une longueur de plusieurs kilomètres, son havre est pendant longtemps considéré comme un excellent lieu de mouillage pour la navigation. Selon l’archéologie récente, certains sites et stations de la baie Sainte-Marguerite témoignent d’une fréquentation dès l’Archaïque moyen, c’est-à-dire il y a environ 8000 ans. De tradition maritime, les autochtones qui fréquentent l’embouchure de ce cours d’eau au fil du temps, consomment essentiellement du phoque particulièrement abondant à cette époque.

The Sainte-Marguerite River appears in ethnohistory records as much in writing, as in maps. Since 1612, Champlain, who in 1603 had travelled upstream of the river, drew the lower watercourse. However, the toponymic designation of Sainte-Marguerite River did not appear until the 18th century on the Laure (1731) and Bellin (1744) maps. Navigable by birch bark canoe over a length of several kilometers, its harbor has long been considered as an excellent mooring location for navigation. Certain sites and stations of the Sainte-Marguerite Bay bear witness to an early Middle Archaic settlement that dates back about 8000 years ago according to recent archaeology. In true maritime tradition, the Aboriginals who frequented the mouth of this waterway, primarily consumed seal, which was abundant during this period.

Traditionnellement, la pêche se pratique — notamment par les pêcheurs engagés dans les postes du roi — selon différentes méthodes : au filet, au flambeau ou au dard. Elle demeure cependant une activité saisonnière et dépendante de l’abondance de la ressource. À l’époque de la traite des fourrures, la rivière Sainte-Marguerite est déjà reconnue en tant que rivière à saumon. En 1828, les locataires des postes du roi exploitent une pêche à cet endroit. Dotés d’une cabane et d’un hangar, les pêcheurs de la compagnie qui la mettent en valeur prennent dans une bonne saison environ de cinq à six cents saumons.

Fishing was traditionally practised – in particular by the fishers at the King’s Posts using various methods: Nets or with torches and spears. However, it’s still a seasonal activity and one that depends on the resource’s abundance. The Sainte-Marguerite River was already known to be a salmon river during the fur trading era. The occupants of the King’s Posts operated a fishery there in 1828. Equipped with a hut and a shed, the company’s fishers would collect approximately five to six hundred salmon during a good season.

La pêche au saumon

Historiquement, la pratique de la pêche sur la rivière Saguenay et ses tributaires est exclusivement réservée aux autochtones et aux locataires des postes du roi. En 1859, la résiliation du bail entre le gouvernement du Bas-Canada et la Compagnie de la Baie d’Hudson met fin au monopole de la traite des fourrures ainsi qu’au droit exclusif de la pêche. Véritable « sportman », le marchand de bois et député David Edward Price met rapidement la main sur le droit exclusif de la pêche aux saumons sur plusieurs rivières du Bas-Saguenay telles Petit-Saguenay, Saint-Jean et Sainte-Marguerite.

Historically, the practice of fishing on the Saguenay River and its tributaries is exclusively reserved for Indigenous peoples and the occupants of the King’s Posts. The cancellation of the lease between the Government of Lower Canada and the Hudson’s Bay Company in 1859 ended the monopoly of fur trading and exclusive fishing rights. Sportspeople, the timber merchant and Deputy David Edward Price quickly reserved exclusive salmon fishing rights on several rivers in the Bas-Saguenay region, such as the Petit-Saguenay, Saint-Jean and Sainte-Marguerite.

En 1860, le prince de Galles (futur roi Édouard VII) alors en visite officielle au Canada sème beaucoup d’émois auprès de la population saguenéenne lorsqu’il préfère aller à la pêche à la rivière Sainte-Marguerite avec David Edward Price au lieu de se rendre à Bagotville. C’est à l’époque de cette visite que débute la construction des premiers bâtiments nécessaires à la pratique de cette activité sportive.

The Prince of Wales (the future King Edward VII) created much excitement among the Saguenay residents during an official visit to Canada in 1860, with his preference to fishing at the Sainte-Marguerite River with David Edward Price instead of going to Bagotville. It was during the era of this visit that construction began on the first buildings required for this sporting activity.

Rapidement le saumon commence à se raréfier et à partir de 1875, le cours d’eau doit être alimenté en alevins provenant de la pisciculture de Tadoussac. La méthode est assez simple, les saumons reproducteurs sont capturés par les employés de la station piscicole au moyen de pêches à fascines installées aux environs de Tadoussac.

Salmon began to dwindle and the stream had be supplemented with fry from the Tadoussac fish farm onward from 1875. The method is quite simple, the spawning salmon are caught by the fish station’s employees by means of fishing weirs set up around Tadoussac.

Le club de pêche au saumon Sainte-Marguerite

Selon toute vraisemblance, c’est vers 1870 que David Edward Price cède à son ami Willis Russell son droit de pêche sur le bras nord-ouest de la rivière Sainte-Marguerite en échange de ses quotas de coupe de bois. Ce dernier, qui est déjà l’un des actionnaires d’un hôtel et propriétaire d’une maison (Spruce Cliff) à Tadoussac, est depuis longtemps séduit par la beauté des lieux. Deux ans plus tard, Russell et son associé Robert Powell de Philadelphie organisent véritablement le club de pêche. C’est alors que débute la construction d’un premier « cottage » en plus de l’acquisition de plusieurs acres de terrains donnant sur la rivière.

In all likelihood, it was around 1870 that David Edward sold his fishing rights on Sainte-Marguerite River’s northwest arm to his friend, Willis Russell, in exchange for his timber cutting quotas. Mr. Willis Russel, who was already a shareholder of a hotel and owner of the Spruce Cliff house in Tadoussac, was a longtime fan of the location’s sheer beauty. Two years later, Russell and his associate, Robert Powell, from Philadelphia initiated an official fishing club. This was when the first cottage was built and when several acres of land were acquired that granted access to the river.

En juillet 1885, l’adoption par le gouvernement provincial d’une loi sur la protection du poisson et du gibier force Willis Russel à former légalement le club de pêche Ste.Marguerite Salmon Club. La même année le club est toutefois vendu à James Grant et ses associés de New York. À ce moment, celui de la rivière Sainte-Marguerite compte six stations de pêche : Lower Forks (Club House Station), Home Pool, le Château, Bardsville, Sand Pool et Upper Forks (renommé Grantville en l’honneur de James Grant)

A law adopted by the provincial government for the protection of fish and game in July 1885, forced Willis Russel to legally form the Ste. Marguerite Salmon Club fishing association. However, the club was sold the same year to James Grant and his New York associates. During this era, the Sainte-Marguerite River has six fishing stations: Lower Forks (Club House Station), Home Pool, the Château, Bardsville, Sand Pool and Upper Forks (renamed Grantville in honour of James Grant).

Le Ste.Marguerite Salmon Club représente rapidement un revenu d’appoint pour la population des alentours. Pendant longtemps, tous les guides sont embauchés parmi les hommes des villages avoisinants, et ces emplois saisonniers deviennent comme une tradition dans certaines familles.

The Ste. Marguerite Salmon Club quickly infused additional income for the surrounding population. For many years, all guides hired were men from neighbouring villages and these seasonal jobs even became a
tradition for some families.

La station de Bardsville

La station de Bardsville aurait été nommée au 19e siècle, en l’honneur d’un mystérieux visiteur du nom de Major Brad de Yonkers. Au début du 20e siècle, la station de Bardsville demeure encore un des meilleurs endroits pour la pêche au saumon, et cela, malgré une baisse importante de la ressource en certains autres endroits de la rivière. En 1937, suite à la cession complète de toutes les parts, la compagnie Alcan et son président R. E. Powell deviennent les gestionnaires du Club de pêche au saumon Sainte-Marguerite. À ce moment, le territoire occupé par le club s’étend sur 1 200 acres incluant 98 acres du lit de la rivière.

The Bardsville Station would have been named in the 19th century, in honour of a mysterious visitor by the name of Major Brad from Yonkers. At the beginning of the 20th century, the Bardsville Station was still one of the best locations for salmon fishing, despite a significant decline in the resource in some places along the river. Following the complete sale of all shares, Alcan and its president, R. E. Powell, became the managers of the Sainte-Marguerite Salmon Fishing Club in 1937. At this time, the territory occupied by the club extended over 1,200 acres, including 98 acres from the river bed.

8. À partir de 1977, le gouvernement provincial instaure une politique visant à l’abolition des privilèges concédés autrefois aux clubs privés. Jusqu’au début des années 1980, Bardsville demeure cependant encore utilisé sporadiquement par Alcan qui le loue également à des intérêts privés. En 1985, en vertu de la Loi sur les zones d’exploitation contrôlées (ZEC), enlève l’exclusivité de la gestion du site de Bardsville (fosse 38) pour le confier à une régie intermunicipale (Sacré-Cœur, Sainte-Rose-du-Nord), en partenariat avec la MRC du Fjord-du-Saguenay et la ZEC de la rivière Sainte-Marguerite. Après une fermeture de presque dix ans, le secteur de Bardsville devient en décembre 2012, la propriété de la MRC du Fjord-du-Saguenay.

A policy to abolish privileges previously granted to private clubs was established by the provincial government in 1977. Bardsville was still sporadically used by Alcan until the beginning of the 1980’s and in which they also rented for private affairs. In 1985, under the terms of the Regulation respecting controlled zones (ZEC), removed the exclusivity in the Bardsville site management (pit 38) and entrusted it to an intermunicipal management board (Sacré-Cœur, Sainte-Rose-du-Nord), in partnership with the RCM of Fjord-du-Saguenay and the Sainte-Marguerite River ZEC. The Bardsville sector became the property of the Fjord-du-Saguenay RCM in December, 2012 after having been closed for almost a decade.

Un site patrimonial

Le site de pêche de la pointe de Bardsville compte plusieurs bâtiments cités au Répertoire du patrimoine culturel du Québec, parmi eux on retrouve une «grande maison» pour loger les invités (pavillon d’accueil), une ancienne glacière et un édifice ayant servi de restaurant. Le pavillon d’accueil, construit probablement dans les années 1860, partage des similitudes architecturales avec les autres camps de pêche édifiés au Saguenay par David-Edward Price à la même époque. Il est également apparenté à l’architecture de villégiature, qui se compose alors d’une galerie ouverte sur la nature et d’une toiture à deux versants. Le bâtiment qui a subi des modifications avec le temps, demeure toutefois bien intégré à son style d’origine.

The Bardsville point fishing site has several buildings cited in the Répertoire du Patrimoine Culturel du Québec (Quebec repertoire of cultural heritage), including a large guest home (reception pavilion), an old icehouse and a building that was formally a restaurant. The reception pavilion was probably built in the 1860’s and shared architectural similarities with the other fishing camps built in Saguenay by David-Edward Price during the same period. It also related to resort architecture, which then consisted of a patio open to the outdoors and a gable roof. The building has undergone renovations throughout the years, but is still reminiscent of it’s original style.

Possiblement érigée à la fin du 19e siècle, la glacière possède une valeur patrimoniale supérieure, car elle est inspirée des techniques de conservation amérindienne et rappelle le fonctionnement du site. Aménagée dans une dénivellation naturelle du terrain située près du chalet d’accueil, elle conserve plusieurs de ses composantes anciennes. Construit dans les années 1950, l’ancien restaurant qui rappelle les camps de bûcherons d’autrefois s’intègre bien à la nature sauvage du lieu. L’ensemble est complété de plusieurs chalets-dortoirs érigés lors d’une première mise en valeur entre 1983 et 1987. Ces derniers sont éparpillés sur un site abondamment boisé et entouré de plusieurs sentiers pédestres. Débutée en 2013, la restauration de l’ensemble patrimonial a été complétée au cours de l’été 2018.

Possibly erected at the end of 19th century, the icehouse has a higher patrimonial value because the conservation techniques were inspired by Aboriginals and remained true to the site’s initial operation. It retains many of its former components and is set in a natural slope of the land near the reception pavilion. The old restaurant was built in the 1950’s and is reminiscent of the logging camps of the past, which perfectly integrates with the location’s natural surroundings. The ensemble was embellished by several cabins-dormitories erected during the first development between 1983 and 1987. The cabins-dormitories are scattered throughout a dense forest and surrounded by several pedestrian paths. The restoration of the heritage site began in 2013 and was completed during the summer of 2018.

La reconnaissance patrimoniale du site

Propriété de la MRC du Fjord-du-Saguenay depuis 2012, le site de pêche de la pointe de Bardsville est situé sur le territoire non organisé Mont-Valin. Il se trouve à proximité du parc national du Fjord-du-Saguenay, entre les municipalités de Sainte-Rose-du-Nord et de Sacré-Cœur. Ce site témoigne de l’époque des clubs de pêche privés de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean dans un cadre naturel, ceinturé de la rivière Sainte-Marguerite et du mont Arthur-Leblanc.

The Bardsville site fishing point is located on the Mount-Valin territory without municipal organization and has been property of the Fjord-du-Saguenay RCM since 2012. It’s located near the Parc National du Fjord-du-Saguenay, between the municipalities of Sainte-Rose-du-Nord and Sacré-Cœur. This site reflects the era of private fishing clubs in the Saguenay-Lac-Saint-Jean area within a natural setting, surrounded by the Sainte-Marguerite River and Mont Arthur-Leblanc.

En vertu de la Loi sur les biens culturels (aujourd’hui, la Loi sur le patrimoine culturel), la MRC a procédé à la reconnaissance patrimoniale de ce site. Cette loi encourage les municipalités à protéger le patrimoine immobilier situé sur leur territoire. Puisque la MRC possède les mêmes compétences que les municipalités en TNO, elle a adopté un règlement de citation en 2011. La MRC a la responsabilité de maintenir l’ensemble visé par le règlement dans le respect de son histoire et de ses caractéristiques patrimoniales.

La valeur patrimoniale du site de pêche de la pointe de Bardsville réside plus particulièrement dans le contexte de la présence de clubs privés de pêche au saumon établis sur les rivières tributaires du Saguenay dans les années 1800. Il ne reste que très peu de sites publics de ce genre encore en opération au Québec. Enfin, l’intérêt du site se présente sous différents aspects soit : socio-économique, car « on y brassait des affaires », touristique pour la clientèle qu’on y attirait ainsi qu’ethno-historique par ses types de construction encore en usage et ses lieux toujours fréquentés par les pêcheurs.

Under the terms of the Cultural Property Act (known today as the Cultural Heritage Act), the RCM proceeded to the recognition of the site’s heritage. This act encourages municipalities to protect the heritage built on their territory. A by-law was adopted in 2011, since the RCM has the same powers as municipalities in the NWT. The RCM has the responsibility to maintain the site in accordance with its history and heritage characteristics.

The heritage value of the Bardsville fishing point is more directly related to the presence of private salmon fishing clubs established on the Saguenay tributary rivers in the 1800’s. Only a few similar public sites are still operating in Quebec today. There are different aspects involved in the site’s interest: socio-economic, because « it was brewing business », the tourist aspect for the customers it’s attracted, as well as the ethnohistorical value with the construction types still used today and is a location that continues to be frequented by anglers.

La rénovation patrimoniale

En 2016, le chalet historique est soulevé de 24 pouces pour le protéger des crues printanières. De nouvelles fondations de type pilotis en béton viennent solidifier la structure. En ce qui concerne la salle communautaire (l’ancien restaurant), l’annexe est démolie pour retrouver le bâtiment d’origine et un nouveau mur en rondins est construit pour combler l’espace laissé par la démolition. Une mise à niveau d’un mur de la salle communautaire est également effectuée. Pour ces deux bâtiments, les toitures sont restaurées en bardeaux de cèdre. De plus, des travaux de maçonnerie sont réalisés aux cheminées. Celle du chalet historique est démontée et restaurée. Les galeries du chalet historique font aussi l’objet de rénovation patrimoniale.

The historical cabin was raised 24 inch in 2016 for protection from spring flooding. New concrete piled pier type foundations now solidify the structure. In regards to the community room, the annexe was demolished to reveal the original building and a new log wall was built to fill the space left by demolition. The community room’s wall was also levelled. The roof of both buildings were restored with cedar shingles. In addition, masonry work was carried out on the chimneys. The historical cabin was dismantled and restored. The porches of the historic cabin also underwent heritage renovation.

En 2017, les travaux visent les revêtements extérieurs des bâtiments patrimoniaux. Les billes de bois endommagées de la salle communautaire sont remplacées et des ouvertures réparées, afin qu’elles retrouvent leurs dimensions d’origine. L’ensemble de la salle communautaire est sablé et teint tandis que le revêtement extérieur du chalet historique est sablé et peint en blanc. Les cadrages des fenêtres et des volets du chalet historique sont restaurés et peints en vert. Les contraintes rencontrées lors des rénovations, menées entre les mois de juin et octobre, sont entre autres attribuées à l’isolement du site, soit : l’absence d’électricité et de communication, la mobilisation des travailleurs sur une longue période, le respect de la clientèle par le contrôle du bruit et d’un corridor de sécurité pour les déplacements ainsi que la réalisation de rénovations en conservant les matériaux et l’aspect d’origine.

Renovations were focused on the exterior siding of the heritage buildings in 2017. The community room’s damaged logs were replaced and openings repaired to match the original dimensions. The entire community room was sanded and stained, while the historic cabin’s exterior siding was sanded and painted white. The historic cabin’s window frames and shutters were restored and painted green. The constraints encountered during the renovations, carried out between the months of June and October, are attributed among other things to the site’s isolation, including: lack of electricity and communication, mobilization of workers over a long period of time, respect for customers in terms of noise control and a safety corridor for travel, in addition to the renovations being carried out while preserving the original building’s materials and appearance.

L’environnement naturel de la rivière Sainte-Marguerite

Couvrant plus de 2 000 km2, soit 14 % du bassin versant du Saguenay, la rivière Sainte-Marguerite constitue le plus important affluent de la rivière Saguenay ; son delta est le plus spectaculaire de la région en raison de sa dimension. Elle suit son cours dans un graben formé depuis fort longtemps et dont le mouvement a laissé des traces aujourd’hui visibles (Bonenfant, 1991). Il y a 950 millions d’années, un réseau de failles s’est développé au sein du Boulier canadien (Roy, 1994 in Barrett, 1995). La région devient ainsi une vaste fosse tectonique.

La rivière Sainte-Marguerite puise sa source dans le lac du même nom, à une altitude de 678 mètres, dans les monts Valin. Elle longe le fjord du Saguenay sur 60 kilomètres avant de se jeter dans la baie Sainte-Marguerite. Il s’agit de la plus importante rivière à saumon du Saguenay, la 12e en importance au Québec, ainsi que la plus importante rivière à truite de mer du Saguenay. Près de 80 % des ombles semblent provenir de cette rivière. Dans le milieu des années 60, la construction de la route 172 a beaucoup affecté la qualité de l’habitat.

Entre les mois de juin et de septembre, le saumon atlantique revient à sa rivière d’origine après une migration en mer d’une durée de un à trois ans. Les fosses de la rivière lui procurent eaux fraîches et abris et lui permettent de dépenser moins d’énergie. À la fin octobre, le saumon fraye dans les rivières tributaires du Saguenay.

The Sainte-Marguerite River is the largest tributary of the Saguenay River, it extends over 2,000 sq. km and counts for 14% of Saguenay’s total watershed; it’s the most spectacular in the region due to its sheer size. It flows along a graben that has existed for a very long time and has left a trail that is still visible to this day (Bonenfant, 1991). A network of faults developed in the heart of the Canadian Shield 950 million years ago (Roy, 1994 in Barrett, 1995). The area thus became a vast rift valley.

The source of the Sainte-Marguerite River flows from a lake of the same name, in the Monts Valin at an altitude of 678 meters. It skirts along the Saguenay Fjord over 60 kilometers before emptying into the Baie Sainte-Marguerite. It’s the largest Salmon River in Saguenay, the 12th largest in Quebec, in addition to being the largest sea trout river in Saguenay. Nearly 80% of the char seem to come from this river. The construction of Route 172 greatly affected the quality of the habitat in the mid 1960’s.

Atlantic salmon return to their river of origin after migrating at sea for a period of one to three years between September and June. The rifts along the river provide fresh water and shelter, which allows them to use less energy. The salmon spawn in Saguenay’s tributary rivers at the end of October.

Iconographie

1« Carte du cours de la rivière du Saguenay » de Nicolas Bellin (1744). Source : coll. privée

2Illustration représentant un pêcheur de saumon en 1860. Source : James Edward Alexander, Salmon-Fishing in Canada, London, Longman,Green, Longman, and Roberts, 1860, p. 83.

3David Edward Price (1826-1883). Source : BAnQ, P666-S12-D1-P2

4David Edward Price traversant la rivière Sainte-Marguerite avec le Prince de Galles sur ses épaules (août 1860). Source : Coll. de la Société historique du Saguenay

5La pisciculture de Tadoussac en 1881 (photo S. McLaughlin). Source : coll. privée

6 « Pêcheries au Saumon », Le Progrès du Saguenay, 11 février 1892, page 2.

7 Photo Bardsville fin 19e siècle (a008691)

8 Rivière Sainte-Marguerite vers 1890 (BAC, photo William Topley, nég. PA 8693)

9 Balcon chalet de Bardsville fin 19e siècle (a008747)

10 Photo après les travaux

11 Photo pendant les travaux

12 Esquisse du chalet historique Source : Service d’aide-conseil en rénovation patrimoniale

13 Source : Parc national du Fjord-du-Saguenay, Synthèse des connaissances, février 2016, 518 p

Rédaction et recherche iconographique : Éric Tremblay, Ariane Fortin et Julie Caron


Mise en contexte

Devenue propriétaire en décembre 2012 du site de Bardsville, la MRC du Fjord-du-Saguenay souhaitait rapidement relancer ce magnifique emplacement afin d’en faire profiter autant les amateurs de pêche au saumon que les amants de la nature. Pour en assurer la gestion, la MRC a conclu une entente avec l’Association de la rivière Sainte-Marguerite. Grâce à ce partenariat, cinq chalets ont été rénovés et des visiteurs ont pu profiter de ces sites d’hébergement dès le premier été.

Pour en savoir plus.
Description des chalets et réservation : Chalets Bardsville

Renseignements ou réservations

Association de la rivière Sainte-Marguerite
Tél. : 1 877 236-4604
www.rivieresainte-marguerite.com